Notre programme d’évaluation ex-vivo

Depuis les débuts de la transplantation pulmonaire, l’évaluation du greffon est réalisée sur le donneur dans le centre du prélèvement. L’évaluation du greffon peut donc être influencée par la situation générale du donneur, ou par l’existence de dysfonction d’autres organes. Par exemple, si le cœur ou le rein du donneur ne fonctionnent plus, les poumons se remplissent d’eau (œdème) et n’arrivent pas à oxygéner correctement le sang. Mais il ne s’agit pas d’une lésion des poumons, il s’agit des conséquences pulmonaires d’une dysfonction cardiaque ou rénale. L’évaluation des greffons pulmonaires sur le donneur est donc soumise à de nombreux facteurs de confusion.

Malgré ces facteurs de confusion, dans la plupart des cas, l’évaluation du greffon sur le donneur permet de savoir si le greffon est acceptable d’emblée ou inacceptable d’emblée. Mais dans certains cas jugés « limites », il n’est pas possible de savoir tout de suite si le greffon est acceptable ou pas. Les greffons peuvent alors être prélevés, ramenés dans notre centre, et évalués sur une machine : c’est la perfusion ex vivo du greffon. Cette perfusion ex vivo permet d’évaluer le poumon tout seul, sans l’interférence des autres organes ; de nettoyer des sécrétions bronchiques qui auraient pu s’accumuler ; et finalement de déterminer si le greffon est acceptable ou pas.

Cette technique a été conçue en Suède, puis développé au Canada, avant d’être utilisée par la plupart des grands centres internationaux de transplantation pulmonaire. Actuellement, cette technique permet d’augmenter le nombre de greffons acceptables, sans nuire aux résultats de la greffe. De nombreuses équipes cherchent maintenant à profiter de la fenêtre offerte par cette technique pour traiter le poumon après le prélèvement au donneur, et avant la greffe au receveur. Toujours en cours d’étude chez l’animal, ces traitements permettront peut-être un jour de réparer un greffon abimé par le tabagisme du donneur, ou de moduler son système immunitaire pour diminuer les risques de rejet.

Le programme d’évaluation ex-vivo a débuté en Mai 2016 à l’hôpital Bichat sous l’impulsion du Dr Mordant qui a bénéficié d’une formation d’un an à Toronto (Troronto General Hospital). Ce programme implique l’équipe de pneumologie, l’équipe d’anesthésie-réanimation et l’ensemble de l’équipe de ChirVTT.